GALERIE  JABERT maison fondée en 1937 
               Paris - Aubusson 
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Exposition à la Galerie Jabert | Muriel Blanc Duret - Delphine Ciavaldini - Lou Salamon

Exposition à la Galerie Jabert | Muriel Blanc Duret - Delphine Ciavaldini - Lou Salamon


En ce mois de décembre, nous sommes heureux de présenter les œuvres nouvelles de trois artistes aubussonnaises :

 

Les intrigants masques totems de Delphine Ciavaldini,

 

Trois exceptionnels tapis de collection signés Tributs, conçus et tissés par Muriel Blanc Duret,

 

De merveilleuses broches perlées spécialement créées par Lou Salamon.

 

 

Avec nos autres artistes invités :

Céline Ferron (Atelier Cc Brindelaine), artisane textile et lissière,

Laurine Malengreau, nuno silk,

France-Odile Perrin-Crinière (Atelier A2), lissière,

Vincent Crinière, ébéniste designer,

Studio Ababeel, tissage d'étoles en fibres précieuses.

 

 

Vous découvrirez autour de nos tapisseries anciennes et contemporaines,

une collection joyeuse et colorée de céramiques de Sant Vicens

d'après Jean Lurçat et Picart Le Doux.

 

Galerie Jabert à Aubusson

Delphine CIAVALDINI


Totems


En ce début d’automne, la Galerie Jabert – Aubusson est heureuse de présenter les totems, sculptures textiles de Delphine Ciavaldini, artiste plasticienne et scénographe. Ces œuvres sont nées du détournement de matériaux simples et familiers (laines crues ou bouillies, tapis de laine et coussins, galons et autres passementeries, anneaux de rideaux, etc.) que le geste de Delphine Ciavaldini mène là où on ne les attend pas et transforme en créatures d’une mythologie inédite.

Non sans humour, ce travail interroge en le stimulant le processus de construction et de régénération de notre imaginaire individuel puis collectif à partir du sens que l’esprit a, de toutes pièces, le pouvoir de conférer aux choses, y compris celles que nous pensions connaître.


« Là, aux choses, matières et signes qu’elle dispose pour recevoir notre présence, l’artiste ne leur assigne pas leurs places prévues par les conventions sociales. Au contraire, elle les offre en une juxtaposition vierge encore de commun entendement. » (Jean-Daniel Baltassat, Les horizons perdus

par Jean-Daniel Baltassat et Stephen Horne, d’après une installation artistique de Delphine Ciavaldini à la Cité internationale de la tapisserie –Aubusson, éd. de l‘Attente, 2020)


Extrait d’un entretien avec l’artiste, 21/09/2023 :


« Je travaille sur l’arrière-monde et le peu.

Ce qui m’a intéressée ici est de recréer de la mythologie avec du quotidien. Quand on va dans un musée donnant à voir les arts et civilisations de continents autres que le nôtre - tel le musée du quai Branly à Paris * - les pièces exposées

donnent accès à beaucoup d’imaginaire. Elles sont au lointain, faisant appel à d’autres civilisations.

Ma recherche : comment créer de nouvelles mythologies avec quelque chose de très commun à notre société, quelque chose qui était chez ma grand-mère, les objets qui se trouvaient dans son salon ? Que les mythologies soient réelles ou inventées importe peu, toutes ont la même capacité rituelle et c’est cela qui m’amuse.

Mon jeu est un mélange entre quotidien et historicité, entre quotidien et fiction. M’enthousiasme également tout ce qui a trait à la cosmogonie, et particulièrement la question de savoir comment l’on passe du foyer à la représentation cosmique. Au musée du quai Branly - encore lui - les objets que l’on contemple recèlent des connections cosmogoniques. Ils ont été créés parce que, au sein de cette société ou

de cette culture-là, ils font référence à certains symboles et croyances.


J’ai voulu, en partant du foyer et donc aussi de quelque chose de féminin (avec l’ouvrage de femmes que peuvent représenter les rideaux, les coussins, les tapis et autres éléments de décoration intérieure) recréer des créatures fictionnelles, rituelles, cosmogoniques, à propos desquelles on peut imaginer l’histoire que l’on veut. »


Biographie


Née en 1976, Delphine Ciavaldini est originaire du spectacle vivant et pratique les métiers de la scène depuis 1995. Cette orientation, qui a commencé par les costumes et accessoires, a bifurqué au fil des ans vers la scénographie et la mise en scène. L’appréhension de l’espace et sa dramaturgie ont très fortement influencé sa pratique de plasticien.

Depuis 2012, elle propose des installations qui s’apparentent à des environnements. Le visiteur qui les traverse et se meut dans les pièces devient un peu plus qu’un spectateur. L’espace est donné en expérience. Elle construit ses installations avec des matériaux usuels ayant déjà servis et les

recode afin qu’ils nous disent autre chose de notre quotidien, des liens qui nous unissent aux nécessités qui nous définissent. Son travail a été présenté en galeries, centres d’arts, églises, arboretums ou milieux urbains extérieurs en France mais aussi au Kazakhstan 52014), en Roumanie

52015), en Allemagne 52016) et aux Etats-Unis (2020).

Souvent éphémère et in situ, il questionne les notions d’espaces, qu’il s’agisse de notre environnement naturel (re)construit, ou de notre espace intérieur, celui de l’intime comme celui que l’on porte public. C’est dans ces entrelacs complémentaires ou ambigus que se déploie l’attention de l’artiste.


* Le musée du quai Branly - Jacques Chirac (Paris) s'attache à donner la pleine mesure de l'importance des Arts et Civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques, à la croisée d'influences culturelles, religieuses et historiques multiples.

Expo Jabert Calvini

Muriel Blanc Duret


D’une première vie de direction de projet en architecture tertiaire et commerciale, Muriel Blanc Duret a conservé exigence et sens du concept. Initialement formée à Sciences Po et au marketing, convertie créatrice lissière, elle conçoit et tisse des tapis à collectionner, à Aubusson.

Elle est venue y apprendre les techniques d’excellence à la française au centre de formation de la Cité Internationale de la Tapisserie, dans l’orthodoxie de la basse lisse.

Depuis, elle est une dissidente assumée. Elle a appris à tisser sur un métier de haute lisse (auprès de Ghislaine Bazir (Tissagerie) et Caron Penney), réintroduit les laines naturelles françaises (chaine et trame), collecté des fils précieux, anciens  ou délaissés dans les ateliers et manufactures locales, déployé ses propres outils et procédés.

Elle s’est emparée des fondamentaux de la tradition pour en explorer les possibilités de mutation et de combinaison avec d’autres techniques. Des plans côtés remplacent les conventionnels cartons, règle et niveau de maçon voisinent avec ses broches et battoir.

Sa quête formelle repose sur l’alliance de la pureté dans le design, la puissance sculpturale et la valorisation de la matière. A l’heure ou le tufting libère le tapis dans ses formes, elle cherche la voie, tel un « shaper », pour façonner patiemment le tissé plat.

La trame conceptuelle des tapis qu’elle signe Tributs, est une révérence à l’universel autant qu’à la diversité. Muriel Blanc Duret a choisi de tisser des tapis par amour de l’Est, de ces cultures mal comprises, des Balkans jusqu’aux contreforts de l’Himalaya, où l’art tissé pour le sol tient une place particulière. Chaque tapis conte une brève, épitomé émerveillé, perplexe ou navré de l’histoire des Hommes. Des histoires qu’elle veut cependant fédératrices et positives, comme une conjuration des vents mauvais.


Citations

 Je rouvre la voie aux tapis d’exception, à la croisée de l’art et de la décoration. Je m’appuie sur des fondations séculaires pour inscrire mes tissages dans la nemporanéité ;e déploie de nouvelles combinaisons techniques, matières, formes et usages. »

« A Aubusson, je vis comme un libre satellite, sous le regard des lissiers expérimentés : ils me font la grâce de leur curiosité, conseils et encouragements.»

« Après la chute du Mur de Berlin, les frontières se sont ouvertes et je suis partie vers l’est. Depuis, je n’ai jamais cessé d’y mettre le cap. Je ne pourrai jamais rendre l’hospitalité que j’y ai reçu, mais je sais ce que je dois. Alors, je tisse des tapis, en hommage à ceux qui m’ont accueillie. »

 

 Kishiko coud (tapis gris)

Inspiré par le travail de Tajima Kishiko, brodeuse de sashiko, Japon

Hommage au point d’avant, simple, efficace, universel, à portée des néophytes et dans les mains de tous les experts en couture. Se retrouve dans toutes les cultures et tous les âges de l’humanité.

 

Qui tisse devient forgeron (tapis brun)

Inspiré par le Yajiri ( pointes de flèches japonaises médiévales)

Hommage aux forgerons dont le travail, depuis l’âge du fer , est utilisé pour l’art de la guerre autant que nos besoins quotidiens. A bien y regarder, il recèle toujours de la beauté.


En Nitsch je crois (tapis blanc)

Inspiré par les tuniques régulièrement présentes dans les performances de Hermann Nitsch, artiste actionniste viennois

Dédicace aux tenues distinctives de ceux qui intercèdent entre les croyants et leurs divinités, qu’ils soient chamans, prêtres, druides ou vestales.

Exposition à la Galerie Jabert | Muriel Blanc Duret - Delphine Ciavaldini - Lou Salamon

Lou Salamon, Designer textile, artiste et brodeuse


Artiste et designer textile également, diplômée de l’École Supérieure des Arts Appliqués et du Textile de Roubaix, elle s'est ensuite formée à la broderie au crochet de Lunéville. Depuis quatre ans, elle se consacre entièrement à la création d’œuvres d'art, brodées et dessinées. Son travail consiste essentiellement en la conception et la réalisation d’œuvres de grandes dimensions (entre un et quatre mètres de longueur), pour des collectionneurs d'art et des musées.


Lou nous explique..


Depuis toujours, je me passionne pour la nature dans toutes ses formes d'expression. En effet, la laideur parfois présente dans le monde naturel me fascine, en particulier celle du monde aquatique. Paradoxalement, la plupart du temps, l'image que l'on se construit de cet univers est resplendissante. Lorsque l'on pense à l'océan, la première impression qui vient spontanément à l'esprit est celle des plages de sable fin, des poissons colorés dans l'eau claire, et cetera... Ce n'est pas cet aspect là de la vie marine qui m'attire mais plutôt tout ce qui en émane d'inquiétant et d'étrange. Il est important pour moi d'aimer le monde naturel dans sa beauté profonde mais aussi dans sa laideur. En effet, l'Homme a tendance à aimer les choses belles, et jeter les choses indignes... J'essaye ainsi, par le biais de mes œuvres, de recréer un tout, de broder des liens entre le végétal, l'aquatique, l'humain... J'utilise dans mes broderies des formes qui se retrouvent un peu partout dans la nature.

Mon rapport à la spiritualité est également très fort. La broderie permet de travailler sur la lumière, en particulier la broderie de Lunéville. Cette technique me permet d'incorporer à mes œuvres des effets de textures et des brillances, qui réfléchissent la lumière environnante, à la manière de vitraux...

Je recherche l'aspect mystérieux de la nature au cœur de ma pratique, mais également une présence un peu divine...

lou salamon broiderie

Exposition à la Galerie Jabert | Muriel Blanc Duret - Delphine Ciavaldini - Lou Salamon

Exposition à la Galerie Jabert | Muriel Blanc Duret - Delphine Ciavaldini - Lou Salamon

En ce mois de décembre, nous sommes heureux de présenter les oeuvres nouvelles de trois artistes aubussonnaises.

Vous découvrirez autour de nos tapisseries anciennes et contemporaines,

une collection joyeuse et colorée de céramiques de Sant Vicens

d'après Jean Lurçat et Picart Le Doux


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